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Sylvia
29 ans à l'annonce de son cancer

     

Fin novembre 2009
Mon compagnon me trouve une boule dans le sein droit, de la taille d'une olive toute dure. Devant cette nouvelle, je me conforte à dire que ce n'est rien.
Deux jours plus tard, je vais voir mon médecin traitant qui me fait faire écho et mammo. Le radiologue fait la grimace à la vue de cette dernière et décide de me faire une biopsie sur le champ.
Pendant l"intervention j'étais en larmes sans savoir ce qui se passait. Le radiologue me donne rendez-vous la semaine suivante pour les résultats.

Le 3 décembre 2009 soit deux jours plus tard...
Je reçois un message de la sécrétaire du centre de radiologie qui me dit que le médecin souhaite me voir rapidement qu'il a mes résultats.
A 29 ans, cancer du sein droit, un vrai coup de massue !!!!!
La terre s'arrête de tourner, mais je ne comprend pas ce qui m'arrive.
En sortant du centre de radiologie, je m'écroule et oublie tout ce qui se passe autour de moi, c'est injuste, pourquoi moi ?
Puis, accompagnée de mon compagnon, rendez-vous chez le chirurgien qui me rassure, m'explique en faisant un dessin les deux types de cancer, il prend son téléphone pour me programmer rendez-vous anesthésiste, IRM, scintigraphie osseuse.
En sortant de son bureau, me voilà partie dans le tourbillon des examens sans trop savoir où je vais, ce qui va se passer.
L'annonce de la maladie à ma famille fût très éprouvante au point que je m'effondre en larme deux jours plus tard

Le 11 décembre
Première opération de toute ma vie alors grande angoisse, je n'aime pas les piqûres et bien là je suis servie !
Première nuit à la clinique, étrange avec beaucoup de questions !
L'opération se passe bien, et mon premier geste à mon réveil, je regarde si mon sein est bien là ayant subit une tumorectomie + curage ganglionnaire. Mon compagnon m'attendait au réveil dans ma chambre.
Première étape de faite.
La déchirure de quitter mon compagnon qui a dû s'absenter pour raisons professionnelles.

Le 21 décembre
Résultat de l'analyse de la boule cancéreuse afin de mieux déterminer quels traitements je vais avoir. Et là de nouveau en larmes dans le bureau, l'oncologue m'annonce que je vais avoir de la chimio, la chose tant redouter, j'allais perdre mes cheveux.
Jamais j'aurai imaginé vivre un tel choc, étant coiffeuse dans la vie c'est assez dur pour moi de perdre mon image, ma féminité.
A l'approche de Noël, les médecins me laissent passer les fêtes en famille même si le coeur n'y est pas en l'absence de mon compagnon et cette foutue maladie qui me hantent l'esprit.

Début janvier
On me pose la chambre implantable sous la clavicule gauche afin de mieux injecter les produits de chimio sous anesthésie locale qui ne fût pas vraiment agréable.
La cure : 3 de FEC 100 + 3 de taxotère espacés toutes les trois semaines.
Le moment venu aussi de choisir la perruque que j'allais devoir porter pendant de long mois puisque de toute façon mes cheveux vont tomber.
C'était un moment assez marrant comme si je me déguisais mais qui fut tout autre le moment venu.

Le 15 janvier
Première injection de chimio avec beaucoup de questions de comment ça va se passer...
On s'en fait tout un monde mais au final, je suis allongée, on me fait l'injection dans la chambre implantable sans douleur puisque patch anesthésiant et attendre que les deux produits s'écoulent goutte à goutte dans mon corps mais le plus dur reste à venir.
Se sont les effets secondaires qui sont terribles la première nuit je n'ai pas dormi, ça a un côté un peu euphorisant.
Puis au fil des jours mon état se dégrade : fatigue, douleurs musculaires, dormir souvent, pas d'appétit...
Quinze jours après, rendez-vous chez la dame pour la perruque, un grand moment.
Je ne comprenais pas ce qui allait m'arriver, mes cheveux étaient pourtant encore tous là.
Quand elle me passe la main dans les cheveux, là je constate que mes cheveux ne tiennent plus et tombent un à un entre ces doigts, de façon radical je lui dis de me raser la tête.

Un moment terrible qui me marquera à vie, en larmes tout au long du rendez-vous.
Je repars avec ma perruque et une toque en fourrure pour me consoler.
Mais le pire reste à venir puisque c'est le jour choisi par mon compagnon pour me quitter n'ayant pas supporté que je me fasse tondre la tête. Encore une épreuve à surmonter.
Je décide alors de consulter la psy de la clinique et de faire de la sophrologie, je venais de comprendre que j'avais beaucoup de choses à régler avec moi même.
Les mois qui suivirent furent rythmés par les séances de chimio et pharmacie et rendez-vous chez l'oncologue.


Fin avril
Fin de la chimio, et j'allais être tranquille un mois pour me reposer avant d'attaquer les rayons.
De nouveau scanner pour marquage afin de mieux cibler les rayons mais c'est pas sans retenue que je vis sur mon corps des tas de coups de feutre sur mon torse à garder le temps des rayons autant dire 2 mois. Génial, en plein été, ça allait être un peu compliqué de ne pas se mettre au soleil pour ne pas brûler au niveau des rayons et de faire passer inaperçu les traits sur mon décolleté.
J'ai passé de long mois avec des hauts et des bas mais surtout à me demander pourquoi je me soigne puisque plus de copain, célibataire à la veille de mes trente ans, au moment où toutes font des projets de vie et moi des projets de survie sans trop savoir où je vais, ni pourquoi.
Et on ne peut pas dire que je sois séduisante pour trouver un nouveau copain avec une perruque, des cernes sous les yeux, un teint blafard et un corps tout mou.
C'est ce qui s'appelle la dure réalité de la vie .


Mais après tous ces traitements, je reprend goût à la vie, envie de sortir, de vivre enfin du moins essayer avec tout son lot d'effets secondaires des traitements.
Je sors la tête de l'eau, j'apprend peu à peu à me reconstruire mais ce n'est pas sans l'aide de mon fiancé que j'ai rencontré après les rayons fini en août 2010, qui croit en moi, accepte malgré tout la maladie et ces contraintes, patient et me redonne confiance.
Se sentir belle à travers son fiancé c'est la plus belle chose qui puisse arriver.
Mes anciens patrons qui voulaient se débarrasser de moi, m'ont repris dans leur salon pour au bout de six mois faire une rupture conventionnelle.
Ils n'ont rien compris à la maladie, à ces effets sur moi...
Il y a l'avant, le pendant et l'après de la maladie qui n'est pas une mince affaire car tout à reconstruire, on ne se sent pas comme avant, on est plus comme avant, quelque chose à changer au plus profond de nous.
J'ai pris conscience que la vie peut nous filer entre les doigts, n'importe quand et à n'importe quel âge. Que la vie mérite bien d'être vécue.

Aujourd'hui mai 2013
Trois ans après cette épreuve de ma vie, j'en sors grandie, mûrie mais surtout quand on sort du cancer on peut se sortir de tout avec la seule chose la volonté de se battre.
J'ai changé de salon de coiffure où je travaille dans le naturel et ça correspond mieux à mon cadre de vie.

Voilà mon histoire.

     

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