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Alexandra
45 ans à l'annonce de son cancer

     

Premiers symptômes de cancer à 42 ans (sensation anormale dans le sein - douleur sourde - écoulement de pus - apparition de veines - déformation des aréoles...). J'ai donc subi plusieurs mamo, écho, IRM qui n'étaient paraît-il pas concluants. J'ai vu plusieurs médecins, car en fait je croyais avoir une infection ou un champignon... mais on me disait toujours que je n'avais rien ! Or je connaissais mon corps et je sentais bien que quelque chose n'allait pas.

Enfin à 45 ans, décembre 2009, les biopsies ont révélé deux cancers (un dans chaque sein) qui avaient eu le temps de progresser dans les ganglions et les tissus mammaires.

J'ai donc subi une mastectomie bilatérale en mars 2010 + curage axillaire, suivie de chimio en avril 2010 (FEC100 + TAXOTERE) puis radiothérapie pendant cinq  semaines, en septembre 2010, et enfin herceptine, Tamoxifene, Stagid et Asprinie Kardégic 75mg.

Le Stagid est un médicament prescrit depuis très longtemps dans le cadre du Diabète (je ne suis pas diabétique). Il empêche le sucre de notre alimentation d'être "absorbé" par notre corps. Or on s'est aperçu que les personnes traitées par le Stagid et qui avaient également un cancer, faisaient moins de récidives que les autres. On pense que c'est l'action du Stagid qui prive les cellules cancéreuses du sucre dont elles ont besoin. Plusieurs études sont en cours pour démontrer cela.
Je ne suis pas dans une telle étude, mon premier but était le contrôle de mon poids, mais si j'ai en plus un bénéfice de diminuer le risque de récidive, c'est parfait.
Je supporte très bien ce médicament, aucun effet secondaire sur moi.

Pour la double mastectomie, c'était difficile pour moi de pouvoir visualiser avant à quoi j'allais "ressembler". Mon chirurgien m'a juste dit "ce sera plat comme un homme". Mais la réalité est autre. Les cicatrices d'abord, et ce n'est pas du tout un buste d'homme. J'aurai voulu voir des photos ou rencontrer une femme dans mon cas, mais je n'ai rien trouvé.
J'ai fait des photos de toutes les étapes que j'ai traversé, et j'en ai déjà partagé avec d'autres femmes qui en avait besoin comme moi. A mon réveil après l'opération, les infirmières et le chirurgien me conseillaient de ne pas regarder tout de suite, mais j'ai regardé quand même. Attendre, ne change rien de toutes façons.

Après la mastectomie, la "zone" est comme en état de choc. Comme si on avait pris un coup de cravache. On a une sensation de corde qui tire et de contraction des muscles. Mais cela s’apaisait nettement dès que j'ai pu mettre mes prothèses. En post-op, le plus gênant fut le  curage axillaire. J'avais l'impression que l'on m'arrachait des pansements à l’intérieur du bras sans arrêt. 48 h après l'opération j'ai commencé les étirements des bras, car je sentais déjà la contraction et les brides qui se formaient. Les bras en l'air, mains à plat sur le mur, jambes en fente avant. inspirer et expirer tout l'air, ça tire beaucoup, mais c'est efficace. Pour les cicatrices, dès le retrait des pansements, je tapotais dessus avec le bout des doigts, tous les jours matin et soir. Petit à petit, j'ai commencé à masser délicatement pour éviter les adhérences, en essayant de mobiliser la peau, de bas en haut, de droite à gauche. L’inflammation dure plusieurs mois, mais avec la persévérance mes cicatrices sont quasi invisibles. Avec le temps tout s'est atténué. La douleur est partie, mais il reste un inconfort. Je dois toujours faire de la kiné régulièrement.

Au sortir de l'hôpital, on m'a donné deux prothèses en mousse. Puis environ un mois plus tard, après le retrait des pansements, j'ai eu des prothèses en silicone qui se glissent dans des soutien-gorges à poche. Enfin, trois mois après la fin des rayons, des prothèses auto-adhésives. Il faut dès que possible s'occuper bien quotidiennement de ses cicatrices pour éviter les adhérences et bien assouplir la peau. Ne pas avoir peur de se toucher, c'est important pour la micro circulation cutanée pour favoriser la future reconstruction.

Les situations les plus éprouvantes, c'était à chaque fois que je devais me déshabiller devant des médecins, pour les divers examens et les rayons. Sans seins, sans cheveux, l'image de soi en prend un coup.
Au début je n'étais pas sûre de vouloir faire la reconstruction. Je craignais d'autres opérations, la douleur, mais en vivant tout ça, je ne me voyais pas rester dans cet état le reste de ma vie.
Mais je sais que d'autres femmes on fait ce choix. C'est personnel à chacune.

Pour la reconstruction j'avais vraiment peur de la douleur (car l'ablation m'avait fait beaucoup souffrir).
On m'a donc proposé une anesthésie par bloc para-vertébral (un peu comme une péridurale). Le désavantage est que cela imposait deux chirurgies distinctes (une pour chaque sein).

J'ai donc accepté une reconstruction par prothèses.
La première, côté droit a eu lieu en octobre 2011. Je n'ai absolument pas souffert, je n'ai même pas eu besoin d'antalgique. Très joli résultat, mais il faut encore des retouches (tatouage aréole + téton ; lipofilling).
La seconde devait avoir lieu en décembre 2011, mais malheureusement pour moi mon chirurgien a eu instruction d'opérer en priorité toutes les personnes qui avaient eu des prothèses PIP. J'ai été mise en liste d'attente... interminable...
Décembre 2012, enfin reconstruction côté gauche. Le chirurgien me prévient que ce coté sera plus compliqué car j'ai eu une radiothérapie assez forte.
L'opération se passe très bien, mais l'anesthésie bloc para-vertébrale est cette fois un échec. J'ai mal, on me bourre d'antalgiques. Les redons donnent beaucoup.
Opérée le 13 décembre, je suis restée à l'hôpital jusqu'au 24 décembre car l'un des drains continuait de couler.

Le matin du 24, le médecin a décidé de me le retirer bien qu'il avait encore dépassé un peu plus de 30ml dans les 24h.
Je suis donc rentrée, mais dès le lendemain le sein commençait à gonfler.
Trois jours plus tard, c'est vraiment enflammé, très tendu et très inconfortable.
Ma kiné pratique un drainage efficace avec LPG et ça s'améliore doucement.

En février, tatouages...
Dans l'attente des résultats de l'oncogénétique.

Il faut être courageuse, c'est un moment difficile à traverser, mais les beaux jours reviendront.
Et surtout, Bonne Nouvelle, les bilans sont faits, je suis en "Rémission Complète Persistante" YEAH !!!!

     

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