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PSYCHO

 

SOMMAIRE

> Parler de votre maladie à votre enfant
   > Quand ?
   > Qui ?
   > Quoi ?
   > Votre enfant à moins de 3 ans
   > Votre enfant a entre 3 et 6 ans
   > Votre enfant a entre 7 et 11 ans
   > Votre enfant a 12 ans et plus
   > Ses réactions

 


Parler de votre maladie à votre enfant

 

Quel que soit l’âge de votre enfant, lui dire la vérité, avec des mots simples, lui fera du bien.
Il faut, en effet, éviter à tout prix de faire “comme si de rien n’était”, car même très jeune, votre enfant perçoit que quelque chose ne va pas : vous êtes fatiguée, vous pleurez, vous ne travaillez plus...

Certes vous souhaitez le protéger, mais ne rien lui dire aura l’effet contraire : il va “imaginer” sa propre histoire (souvent bien pire que la réalité) et s’angoisser encore plus. Avec pour conséquences possibles une perte d’appétit, des insomnies ou une déprime.

De plus, votre enfant risque d’apprendre la “nouvelle” de façon brutale par les autres parents, l’école, les copains...

Important :
> Dite à votre enfant que cette maladie n’est pas de sa faute, que l’on ne sait pas pourquoi elle s’est déclarée ; car les remarques que vous avez pu faire sous le coup de l’énervement (tu m’épuises, tu vas me tuer) lui revienne en tête.
> Pensez à informer l’école (enseignants, directeur) de votre maladie. Ils seront ainsi plus à même de gérer la situation si votre enfant est triste ou agressif, si il manque de concentration…

 

Quand ?


Quand vous avez, de votre côté, assimilé la nouvelle de votre maladie, annoncez-la à vos enfants. L’idéal étant de le faire avant que les changements physiques ne surviennent.
Choisissez de le faire plutôt en début de journée. Il aura ainsi le temps d’y réfléchir et de revenir vers vous pour poser des questions ou demander des précisions. Selon son âge, ne rentrez pas trop dans les détails.

A noter :
Si vous avez plusieurs enfants d’âges différents. Ils ne peuvent peut-être pas tous comprendre les mêmes choses. Il serait malgré tout judicieux que l’annonce de la maladie se fasse à tous les frères et sœurs en même temps.
Ils auront ainsi le souvenir commun d’un moment important de leur vie de famille, et le conserveront comme une référence commune.
Dans un deuxième temps, vous pourrez vous entretenir séparément avec les enfants de différents âges, afin de répondre à leurs questions et demandes spécifiques.

 

Qui ?


Dans l’idéal faite-le à deux, avec le papa.
Si vous êtes séparés, vous devez en parler au papa pour qu’il puisse de son côté répondre aux questions ou inquiétudes de votre enfant.
Si vous ne vous sentez pas capable de l’annoncer vous même (vous êtes encore sous le choc, vous fondez en larmes...), n’hésitez pas à demander l’aide d’une tierce personne : famille, ami, services sociaux, médecin ; mais ce, toujours en votre présence.

 

Quoi ?


Pour vous aider à trouver les mots justes et rassurants, consultez des livres (voir notre sélection), des sites internet ou demander l’avis d’un spécialiste.

Employez des mots simples, sans pour autant minimiser la situation. S’il y a un espoir de guérison, dite le. S’il n’y en a pas et que votre enfant le demande, dite le aussi. Rappelez lui que vous êtes disponible pour lui et toutes ses questions.

Quelques pistes :

> quelle est la maladie, et comment elle se développe ;
> comment on la soigne, et qui la soigne (et donc implicitement qu’il n’est pas responsable de votre guérison !) ;
> comment la maladie va vous toucher (symptômes, changements physiques ou baisse de capacités) ;
> l’évolution qu’on peut raisonnablement espérer, et ce à quoi il faut se résoudre ;
> le risque pour l’enfant ou ses autres proches de développer aussi cette maladie.

 

Votre enfant à moins de 3 ans
 

Même tout petit, votre enfant perçoit que vous n’êtes pas comme d’habitude. Rassurez-le par des paroles douces et câlinez-le autant que possible.
Si vous devez le faire garder, souvenez-vous que votre tout petit n’a pas la notion du temps et qu’il peut, dans certaines circonstances, vivre une séparation comme un abandon, même si ce n’est que pour quelques heures.
Dès qu’il commence à parler, aidez-le à raconter ses peurs, ses tristesses et répondez à ses éventuelles questions.

 

Votre enfant a entre 3 et 6 ans


Votre enfant vit dans un monde où tout est “magique” et dont il est le magicien. Ainsi, il croit qu’il peut provoquer ou maîtriser ce qui arrive à son entourage, y compris le cancer. Il est donc nécessaire de lui dire que votre maladie n’est pas de sa faute.
D’autre part, il pense de manière très concrète et prend les choses au premier degré. Méfiez vous des images qu’il risque d’interpréter à sa manière.

Employez des mots simples mais vrais : “piqûre” plutôt que “chimiothérapie”, “rayons” à la place de “radiothérapie”, “docteur” pour “oncologue”. Dire le mot “cancer” n’est pas nécessaire.
Utilisez toujours les mêmes mots pour dire les mêmes choses. Montrez-lui des livres ou des bandes dessinées pour lui expliquer la maladie. Vous pouvez aussi utiliser des jouets pour mimer l’action des médicaments ou des rayons.

A savoir :
La notion de temps, d’espace ou de dimension est encore abstraite pour votre enfant : aidez-le à se situer.
Par exemple, si vous devez séjourner à l’hôpital, son papa peut installer près de son lit autant de petits jouets que de jours d’absence. Chaque jour, votre enfant pourra ainsi enlever un jouet et compter avec son papa les jours-jouets qu’il reste avant votre retour.

 

Votre enfant a entre 7 et 11 ans


Moins centré sur lui-même, il s’intéresse de plus en plus aux autres. A sa demande, n’hésitez pas à lui expliquer votre maladie et vos traitements. Il a l’âge de raisonner et aime les termes techniques !
Temps et espace sont maintenant pour lui des notions acquises.
Répondez à toutes ses questions. Si vous ignorez la réponse, dites simplement : «Je ne sais pas.» Vous pouvez ensuite commenter avec lui cette réponse ou réfléchir ensemble à comment trouver la réponse.

 

Votre enfant a 12 ans et plus


Plus il grandit, plus il ressemble à un adulte... Mais il ne l’est pas encore. Ne lui en demandez pas trop. Il est important qu’il préserve sa vie, et qu’il ait de bons copains pour “évacuer”.
Une oreille externe attentive sera tout bénéfice, que ce soit un ami à lui ou de la famille, un professeur, ou toute autre personne en qui il aura confiance ; vous pouvez aussi lui proposer de rencontrer l’un des membres de l’équipe soignante.

A cet âge, les explications peuvent être plus complètes et détaillées. Ne dédramatisez pas la situation excessivement pour le rassurer, il sait évaluer la gravité des choses par lui-même, et il a besoin de sentir ses sentiments pris au sérieux.
Parlez-lui franchement et simplement et permettez-lui de discuter avec vous de la situation. Faites preuve d’une grande ouverture face à ses questions et réflexions. Montrez-lui votre disponibilité à parler avec lui autant qu’il le voudra.

 

Ses réactions


Chaque enfant réagit à sa façon : l’un peut éclater en sanglot, l’autre faire la sourde oreille, partir dans sa chambre et jouer...
Avec un ado, attendez-vous à des réactions paradoxales telles que la fuite, le mutisme ou la colère.

Si votre enfant est agressif, distrait, émotif dans les semaines qui suivent, pas d’inquiétude. Par contre si cet état dure voire s’aggrave, consultez avec lui un psychologue.

A noter :
Certains établissements de soins organisent des groupes de parole pour enfants. Ils peuvent ainsi s’exprimer et découvrir qu’ils ne sont pas seuls à vivre cette situation. Renseignez-vous.

Dans tous les cas, faite confiance à vos enfants : ils ont une force d’adaptation et de vie incroyable !

     
     
     

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